Les logiciels de notation

J’ai utilisé plusieurs logiciels de notation entre 1990 et 2010 (PC-Composer, Score, [jeté un oeil sur Encore, NoteEdit, Rosegarden], Lilypond en 2003 env., CMN). Tous ont révélé des défauts. Certains de ces logiciels témoignent que leurs concepteurs n’ont pas l’air de connaître l’état actuel de la notation musicale ou qu’ils préfèrent ne pas connaître - non seulement pour raisons esthétiques, mais surtout à cause d’une certaine indigence conceptuelle. Ils se satisfont donc de techniques ne pouvant convenir qu’à certains styles de musique. Que voilà une singulière absence d’ambition par rapport à ce qu’on peut réaliser avec de l’encre et des plumes.

Un logiciel de notation actuel devrait être capable de noter toute la musique écrite de Igor Stravinsky à Sylvano Bussotti. Et en plus ne pas clôturer le champ des possibles. Autrement dit: un logiciel de notation musicale devrait être au moins aussi flexible que la notation à l’aide de plumes et de crayons et d’autres ustensiles.

Dans la plupart des logiciels existants on voit que les auteurs se sont précipités sur l’aspect le plus voyant (p.ex. noter une mesure en 4/4 en Sol majeur en clé de Fa comportant des noires, des doubles-croches et des triolets).

En sus il faut que l’écrivain note sa musique devant l’écran avec clavier et souris et qu’il puisse l’entendre avec une synthèse MIDI. Cette manière n’est pas à proscrire, mais il faudrait préparer le terrain. Et cela n’est pas fait - comme d’ailleurs cela n’est pas fait non plus dans le domaine de l’écriture et de la publication de textes.

Ce n’est pas tout: il faut surtout que l’utilisateur ne se mêle pas de ce qui ne le regarde pas.

Utopie

On peut imaginer que le musicien ait à sa disposition une sorte de grammaire qui lui permettrait de décrire son projet de notation. Par exemple une grammaire selon Backus-Naur qui pourrait alors être traduite en un langage par des instruments logiciels ressemblant aux anciens lex & yacc pour lesquels il existe peut-être des versions plus récentes et plus efficaces.

On aboutirait ainsi à des logiciels de notation faits sur mesure pour certains projets. La grammaire serait aussi le guide pour utiliser ce logiciel.

Bibliographie

  • Erhard Karkoschka das schriftbild der neuen musik (Moeck)
  • Luigi Donorà Semiografia della nuova musica (G. Zanibon)
  • Denise Lach Schriftspiele - Experimentelle Kalligraphie (Haupt)
  • Hans Jürgen Willuhn & Pauline Altmann Tintentanz (Verlag Herrmann Schmidt)
  • François Bory, Isabelle Maunet-Saillet Calligrammes & compagnie, etcetera (éditions Al Dante)